Jeudi 12 février 2009

Komandant Cobra – Baboon Qu4treKomandant Cobra, c’est un groupe nantais qui joue du rock, et qui le fait bien. Mais ce n’est pas seulement ça, en fait c’est surtout un trio inspiré qui propose une musique aux influences diverses, voguant entre les nombreux styles qui s’approchent plus ou moins de l’appellation rock. Un jeune groupe comme on aime toujours en découvrir et qui nous font passer un bon moment de musique.

Dès le premier titre, « Fish », on sent des influences américaines et notamment la choquante d’un bon vieux Strokes époque Is This It?. Ça se poursuit avec un morceau plus punk, « Gothic Master », rappelant cette fois-ci pour leurs envolées les mythiques At The Drive-In, comme c’est aussi un peu le cas sur la pressante « We Get Astray ». Mais le chant sait aussi se faire plus hypnotique et pesant, comme sur « Moi Le Rouquin », où le chant cassé est parfois limite.

Les Komandant Cobra reprennent ensuite la même formule pour le titre « Ange Immense », avec une intro elle aussi dense et longue, mais cette fois le chant est en français et le texte poétique. Ce schéma semble d’ailleurs leur plaire, car on retrouve souvent des intro qui laissent monter l’ambiance jusqu’à une explosion rock rafraichissante, il en va ainsi pour la très mélancolique « Silent Man », et la progressive « Manuel Maria Ponce », qui est absolument fantastique, par ses sonorités saccadées, qui rappelle par moment la basse de Tool. Pour conclure ils nous offrent un titre, « Je Sens Qu'Il Va Falloir » en français avec un chant slamé à la Abd Al Malik.

Avec ce second album, Baboon Qu4tre, les Komandant Cobra dévoilent de nouveau d’excellents titres, qui n’ont pas à rougir dans le paysage musical actuel, et qui je pense promettent de prendre toute leur ampleur sur scène. On dénote sur ces huit titres de nombreuses influences prestigieuses passées à la moulinette pour s’accommoder à leur style. En bref Komandant Cobra c’est un groupe à découvrir, aussi à l’aise en français qu’en anglais, et qui ravira bon nombre d’amateurs de Rock !

 

 .: Tracklist :.

01. Fish
02. Gothic Master
03. Moi Le Rouquin
04. Ange Immense
05. We Get Astray
06. Silent Man
07. Manuel Maria Ponce
08. Je Sens Qu'Il Va Falloir

Par Peter - Publié dans : We recommend
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Mercredi 11 février 2009

Molloy – Thursday ElectricMolloy c’est un groupe taillé pour le dancefloor chaud et hurlant. Cette formation c’est aussi un peu comme si Justice rencontrait les Klaxons. C’est pop, c’est électro, c’est hype, même plus c’est calibré pour faire bouger la foule et passer à la radio, pourtant c’est énorme. Avec cet EP nommé Thursday Electric, nos londoniens sont prêts à en découdre avec un pop-rock électro électrisant, débile, mais qui fait se déhancher n’importe qui les écoutant !

Le moins que l’on puisse dire c’est que leur musique est colorée et ne laisse pas de répit à son auditeur. Au travers de ce court EP de quatre titres nous passons de beat en beat à des ambiances euphorisantes grâce aux voix sensuelles et aux guitares hypnotiques.

Nous pouvons retenir des qualités de chacun de ces quatre titres. En commençant par le rock façon Franz Ferdinand sous ecstasy de « The Healer » et de « Gather Round Girls », parfait hit FM pour son côté pétillant. Nous retiendrons aussi l’éponyme « Thursday Electric » qui d’entrée de jeu scotche par son efficacité électro-hype, et son refrain entêtant. Il en va de même pour le morceau « Wrong Way » qu’on voit déjà bien faire partie d’une pub pour une voiture ou pour Apple.

Ce Thursday Electric est certes court mais il n’en reste pas moins efficace, et notre gang de Londres fait ce qu’il a à faire, c'est-à-dire une musique haute en couleur, kitch et extrêmement entrainante. Certains trouveront que c’est un groupe de plus dans ce style, tant pis pour eux, les autres ne pourront s’empêcher de gigoter sur cette musique !

 

.: Tracklist :.

01. Thursday Electric
02. Gather Round Girls
03. Wrong Way
04. The Healer

Par Peter - Publié dans : We recommend
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Mercredi 11 février 2009

Il y a des concerts comme ça, quand on voit l'affiche, on se dit qu'on ne raterait ça sous aucun prétexte. Alors quand notre regard croise l'annonce d'un concert de Mogwai, à l'Olympic, avec Errors en première partie, la question ne se pose même pas. Quand on connait un tant soit peu la propension des écossais à décupler la puissance émotionnelle de leur musique en live, on se dit que d'aller voir les chansons de leur dernier album, The Hawk Is Howling, passer l'épreuve de la scène, ça peut valoir son pesant de cacahuètes. Vos humbles serviteurs, Peter et moi-même, sommes donc allés jeter un oeil et une oreille avisés à cette prestation scénique qui s'annonçait haute en frissons.

 

Mogwai

 


Après avoir mené une interview avec le pas très loquace Stuart Braithwaite, qui répondra à nos questions avec le flegme qu'on lui connait malgré son air bonhomme et fort sympathique, nous nous dirigeâmes tranquillement vers le show d'Errors, formation écossaise signée chez Rock Action, label de Mogwai. Le quartet maîtrise bien son sujet, le mélange entre post-rock, math rock et consonnances électro qui apportent un groove bienvenu à l'ensemble a l'air de bien marcher auprès du public, déjà bien dense (rappelons que le show de ce soir est sold-out). Après une demi-heure d'attente, c'est l'ovation, Mogwai rentre sur scène, balance un petit « hello » histoire de, et commence les hostilités avec son dernier album, en l'occurence par son morceau de clôture, le très progressif et grisouillard « The Precipice ». Les deux morceaux qui suivent (les excellents « Scotland's Shame » et « I Love You, I'm Going To Blow Up Your School ») installent clairement l'atmoshpère dans laquelle le groupe veut nous mettre (à savoir « on plane à mort »), tout en prouvant que The Hawk Is Howling est plutôt bien taillé pour le live.

 

 

Mogwai

 


On plane, certes, et en fermant les yeux sans trop de scrupules. Car si Mogwai est particulièrement doué pour faire de la musique, il l'est moins concernant le jeu de scène, très statique et peu avenant. Mais qu'importe, nous sommes la pour écouter du son. « Hunted By a Freak », avec son vocoder, semble combler les fans, qui avaient l'air d'attendre un hit, et ils sont servis de la plus belle des manières. Le groupe a bien compris qu'il jouait ici en terrain archi-conquis, mais ne se repose pas sur ses lauriers. On distingue à l'oeil nu l'extrême concentration des musiciens, et ce tout au long du concert, le souci étant plus de faire la musique la plus belle possible plutôt que d'offrir de l'entertainment. Le morceau d'ouverture du dernier album « I'm Jim Morrisson, I'm dead » passe comme une lettre à la poste, les deux morceaux issus de Mr Beast (« We're no Here » qui sonne le tournant du concert, est toujours aussi monstrueux en live) également. On remarque la présence agréable de « Helicon 1 », un titre un peu plus vieux mais très appréciable, le groupe semble taper dans tous ses albums. L'assistance semble d'ailleurs heureuse du choix de la setlist, qui s'achèvera (pour sa partie principale) sur l'excellent « 2 Rights Make 1 Wrong », tiré de Rock Action, et dans une version plus intense pour l'occasion.

 

 

Mogwai

 

 

Déjà 1h30 de son, beaucoup de groupes arrêteraient la, on croit bien qu'eux aussi d'ailleurs, mais après 5 bonnes minutes d'applaudissements, le groupe revient pour deux dernières chansons, et ça tombe bien. Ben ouais, tout le monde sait qu'un concert de Mogwai, ca se finit jamais vraiment calmement, et puis ils ont pas encore sortis « Batcat » de leur manche. Ils attendront le dernier moment pour le dégainer, et le jouer avec les amplis à 11. Les cinq dernières minutes de ce concert sont d'une puissance dont seuls ces gars ont le secret, sans pour autant qu'ils ne se mettent à bouger un peu plus pour autant. Les derniers coups de boutoir retentissent, la claque dans la gueule aura duré en tout et pour tout 2 heures pleines. On n'a pu s'empêcher de regarder le compteur de dBA de l'Olympic, Mogwai n'aura dépassé la limite que de 5 décibels. Ramollis, les écossais ? La setlist était peut-être un peu plus calme dans l'ensemble qu'auparavant, mais bon, si c'est pour nous toucher comme ça, on est prêts à descendre jusqu'à 105 décibels...

 

.: Tracklist :.

1. The Precipice
2. Scotland's Shame
3. Cody
4. I Love You, I'm Going To Blow Up Your School
5. Huntes By A Freak
6. Mogwai Fear Satan
7. I'm Jim Morrisson, I'm Dead
8. Helicon 1
9. We're No Here
10. Friend Of The Night
11. Thank You Space Expert
12. 2 Rights Make 1 Wrong

Rappel :

13. Like Herod
14. Batcat

 

Photos : Peter

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Mercredi 11 février 2009

Aerial View – [me&you] under the neonsAerial View fait partie de ces groupes Pop et atmosphériques qui intriguent et nous font prêter une oreille plus attentive à leur musique, comme c’est le cas pour Bloc Party. La formation française n’a pas beaucoup de choses à envier par rapport aux groupes vendant par fourgons leurs CD. Nous avons ici à faire à un très long E.P. (entendez une dizaine de titres pour pas moins d’une heure de musique), ce qui est rare pour ce genre de format, si bien qu’on a entre nos mains un album complet et intéressant.

La musique d’Aerial View est sensible, sur le fil du rasoir, jouant avec les émotions de son auditeur. Les mélodies se font cristallines, pour s’emballer un peu plus loin, et envelopper finalement cette voix cassante dans un écrin chaleureux dans des titres tout en tension. Il en va ainsi pour le titre d’ouverture « Antonym », ou encore pour la chanson « At 11 :58pm » remplie de nostalgie, tout comme « The Bright Wind ». Notons aussi la très bonne et organique instrumentale : « Take A Picture Off The Wall ».

Mais leurs compositions se font aussi plus pressantes comme pour le morceau « I Like Girls Will Die In Vegas » avec des sonorités kitch à souhaits mais qui fonctionnent à merveille, avec de plus un timbre de voix qui se rapproche de Daryl Palumbo, pour son côté aigu et saccadé. Le groupe sait aussi jouer dans un registre plus électrique avec la magnifiquement dancefloor « Lady Ming Flows ».

[me&you] under the neons est donc une excellente surprise, on a au final à faire à un très bon album de pop-rock qui flirte avec l’électro. Aerial View maîtrise parfaitement son sujet quand il s’agit de faire une musique créative qui prend aux trippes et fait voyager l’auditeur pendant quelques morceaux. Il ne nous reste plus qu’à espérer qu’ils réitèrent ce genre d’album en gardant la même qualité. Mais ce n’est sûrement pas la dernière piste cachée longue de plus de vingt minutes qui nous fera en douter, car elle nous propose un long monologue instrumental lancinant et varié.

 

.: Tracklist :.

01. Antonym
02. I, Like Girls, Will Die In Vegas
03. At 11:58 pm
04. Lady Ming Flows
05. Silvermoons
06. The Bright Wind
07. Red Wine & Poetry
08. Escape Movement
09. Take A Picture Off The Wall
10. Space Elements

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Lundi 2 février 2009
Toujours tiré de Vacarm une chronique du dernier livre de Pascal Pacaly, et visible dans sa version d'origine sur Vacarm.net.


Rock StoriesPascal Pacaly, voilà un nom qui commence à être connu chez Vacarm, et heureusement d’ailleurs car des écrivains qui écrivent (déjà c’est rare) sur le rock et le font bien ça devient une denrée en voie de disparition. Il s’agit ici de rock français, mais de rock tout de même, car notre cher hexagone a la chance d’avoir quelques pépites sur son territoire. Revoilà donc l’auteur de Histoire(s) de mon groupe vol 1et 2, qui cette fois-ci nous parle de la vie de musiciens au travers d’entretiens, d’anecdotes… de tranches de vie finalement. Avec son style léger, précis et complice, Pascal Pacaly nous entraine dans les coulisses d’une scène française bouillonnante, et quoi qu’on en dise tout de même passionnante.

Les styles musicaux traités du long de ces deux volumes sont si différents qu’il y en a pour tout le monde. Chacun se retrouvera ici, même les fans de Vegastar (enfin il paraît qu’il y en a), et c’est de nouvelles en nouvelles que nous voguons, sautons des groupes, revenons sur d’autres grâce à une écriture fluide devenant une douce voix qui nous compte des aventures qui sentent le vécu. Mais bien plus qu’un témoignage, c’est un partage d'histoires d’une génération de musiciens que nous avons écouté ou écoutons encore.

Le tome 1 commence par cette phrase accrocheuse qui reflète si bien l’ensemble de Rock Stories : « J’étais sur le seuil de ma porte et je regardais la ville s’activer. Enfin, en même temps y’avait pas grand monde. », cette accroche reflète à merveille ce double livre, car ici on peut y lire bien plus qu’un simple ouvrage sur une scène rock, c’est un véritable périple de la vie d’un écrivain auquel on assiste, une sorte de Hank Moody perdu (bien que pas tant que ça finalement) dans la jungle du showbiz musical. Ce recueil respire en effet l’authenticité et la passion pour la musique rock. Il n’y a pas beaucoup de critiques négatives à faire, l’ensemble se laisse lire avec intérêt et plaisir, peut-être le style n’est pas assez acerbe pour des formations que nous apprécions peu, mais c'est bien fait et les goûts et les couleurs ça ne se discute pas, celui qui n’aime pas change de nouvelle !

Nous retiendrons particulièrement la nouvelle sur Lunatic Age et son ambiance de ras-le-bol des débuts d’année et des bonnes résolutions, mais aussi des illusions perdues rattrapées par le plaisir de l’écriture et des rencontres avec des musiciens. Ou bien encore celle de Mass Hysteria qui nous offre une véritable introspection au travers d’une interview romancée. Et comment ne pas se laisser entrainer par celle de Dead Sexy Inc. qui débute comme un vieux polar : « Il faisait chaud cette nuit là. Comme toutes les nuits à L.A. ou presque. N’empêche, les mains dans les poches, pas le moral ni rien… ».

Son style est libre et familier « à la manière » de Céline, un franc-parler qui ne rebute pas, mais qui au contraire donne envie d’aller un peu plus loin, de découvrir un peu plus cet univers. Sans oublier les interludes photographiques avec de merveilleux clichés glanés par-ci par-là par notre auteur, qui ne font que renforcer la poésie de sa prose.

Des compliments et des métaphores nous pourrions en faire des tas, mais le mieux est quand même de se plonger dans ces deux tomes et de partager avec Pascal (tutoyons-le) une nouvelle expérience de la musique, qui ne se vit plus grâce à des notes, mais par des mots. En un sens Rock Stories est un témoignage de ce que devrait plus souvent être la littérature populaire : simple, sans compromis et captivante.

Par Peter - Publié dans : We recommend
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