(D'ailleurs me direz-vous ce site n'a plus rien de musicale depuis quelques temps, et bien cela va changer, peut être allons nous nous remettre à enregistrer, en tout cas ce n'est pas le manque d'idées qui fait défaut, et puis l'art pour l'art tant qu'à faire, autant élargir... :p)
REDEMPTION
Le passé ne m’est qu’une cicatrice,
et la vie est mon cancer.
C’est pour cela que je peux prétendre…
… être heureux,
désormais je connais mes ennemis !
Il y a des endroits, où, je ne sais si je les ai rêvé ou si j’y suis déjà allé… Cela dit, ils me laissent tout de même des impressions remarquables dans la mémoire. Souvenirs ou bien chimères ? Peu importe lorsque le chaleureux voyage de l’esprit nous emporte.
Tout commence comme ça… Non ! Ras-le-bol de la littérature trop conventionnelle ou alors qui se veut trop originale. Ras-le-bol de tout ça ! Pourquoi ? Car tout ça, c’est de la connerie, c’est juste de l’hypocrisie. Pourquoi ? Trop de contraintes, écrivez et c’est tout. Rien à voir… il faut dépasser cela.
Pourquoi, pourquoi… pourquoi cela ne pourrait-il pas me porter chance ? La nouveauté peut aider, voire améliorer. Pourquoi ne pourrais-je pas voir la nuit ? J’ai des yeux de chat tout de même.
Dans le fond c’est mieux ainsi, mais tout de même, qu’est ce qu’on fait pas pour s’empêcher d’être heureux. C’est étonnant à quel point l‘homme peut aller jusqu’à faire des efforts pour ne pas l’être… heureux.
Donc c’est comme ça que l’histoire commence, l’histoire de ma vie en somme. Un seul mot me revient sans cesse, pourquoi… ? De toute façon je sais qui tu es ! Je sens la décrépitude que tu représentes… Tu dis que je ne peux pas t’échapper, alors que tu es à moi…
Voilà les premiers mots qui me viennent à l’esprit, quand je le rencontre, lui… moi. Pourriture, souillure, banalité… Pendant tant d’années j’ai vécu ma vie par procuration, je réalisais les rêves des autres et non les miens. Le temps est venu… Connerie ! Qu’est ce que tu racontes, arrête de te poser des questions et agis, bordel ! Tu n’es pas un caryotype, tu n’es pas une putain de molécule, tu es, simplement ! … Rupture… Vous sentez alors le sol se mouvoir sous vos pieds, soudain la faille est là et vous tombez, puis comme toujours vous vous réveillez et constatez que vous avez rêvé, comme toujours… Mais pourtant, vous ne faites rien pour changer cela. Voilà ce qui s’est passé lors de ma rencontre avec moi-même. Une putain de grosse beigne, comme tout le monde se souvient d’en avoir eu pendant son enfance… Malheureusement, moi, je ne m’en souviens plus de mon enfance. C’est pas grave, cela n’a vraiment aucune importance. Donc en me voyant ainsi à travers mes pensées, j’ai compris ou plutôt je me suis fait comprendre que je n’avais jamais véritablement été heureux, pourquoi ?
-Aucune idée, par lâcheté. Vous réponds-je.
Ceci dit, j’ai enfin découvert que tout était à ma portée, à la portée de chacun, il suffit de le vouloir, de le savoir, oui… juste. C’est alors qu’il intervient, enfin que Moi intervint. Moi est ma conscience matérialisée en l’image que je veux rejeter aux autres de ce que je suis, mais bien évidemment sans y arriver, sinon je ne serais pas là en train d’écrire. Je ne vous raconterais pas toute l’histoire, car contrairement à ce que l’on pourrait croire, c’est pas vraiment captivant d’être avec soi, avec son Moi. En plus, ça n’a rien d’amusant, car depuis Freud, ça ne nous fait même plus passer pour un fou… même plus drôle quoi ! Ce qui pourrait être plus important par contre, c’est la façon dont c’est arrivé, simplement pour vous avertir que ça peut arriver. Dans mon cas, je marchais tranquillement le long de la plage, nue, le vent soufflait dans mes cheveux… Vision bucolique… Non stop, j’ déconne. C’était juste un moment comme tant d’autres où l’on se croit le plus malheureux du monde – total acte d’égoïsme, mais ça fait du bien –, où l’on se croit ne plus être. Mais en fait, on s’en rend même pas compte, car à peine on prend conscience de sa détresse intérieure que l’on a déjà remonté la pente. Enfin bref, c’est dans ce stade, dans ce marasme d’émotions que Moi m’est apparu comme une évidence. Que ce soit en rêve ou dans l’état contraire, cela n’a aucune importance. L’important c’est de saisir cet instant, surtout de ne pas le laisser s’échapper, car Moi est vraiment quelqu’un d’unique pour soi-même. Et c’est seulement quand on a fait sa rencontre que l’on peut se mettre à vivre, car tout ce qu’il y a avant n’est qu’un long songe tortueux et torturé… C’est ainsi qu’un grand débat s’est instauré entre moi et Moi, sur moi bien entendu, ceci pour ma survie ou devrais-je dire pour ma naissance. Et oui, à cet instant je me suis rendu compte que je n’avais pas vraiment vécu et je ne remercierai jamais assez Moi de m’avoir ouvert l’esprit. Après tout, ça a commencé simplement ma vie, enfin ma Vie, vous comprenez quoi. Après m’être cru “heureux ” pendant tant d’années, je me suis rendu compte que cela n’était rien comparé à ce que Moi pouvait me faire atteindre. C’est étrange la vie quand même, on se réveille tous les matins en se disant des choses positives ou alors en voyant tout en noir. Et puis… on s’aperçoit qu’en fait, on avait tort. Et oui… on a tort, car en fait, on ne perçoit pas les choses avec objectivité, ce qui est sûrement normal je vous l’accorde, car c’est impossible, l’homme est subjectif, patati patata, oui, oui, bon très bien. Mais quand même, quand on y pense qu’est ce qu’on pourrait être heureux. Le paradoxe, c’est qu’à force de se dire cela on en oublierait presque de l’être… heureux. C’est véritablement étrange et pourtant tout à fait naturel, ma rencontre avec moi-même a vraiment bouleversé tout ça… Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais je sais simplement qu’à un moment donné je suis sorti de ma léthargie et j’ai découvert la Vie. Le plus drôle dans l’histoire, vous allez rire, c’est que même après avoir fait cette découverte j’aurais voulu retourner à mon stade d’être borné et haineux, à cet état de léthargie totale. Qu’est ce qu’on est con quand même… et pourtant c’est tout à fait propre à notre nature, si seulement…
Mon nom, il n’a aucune importance non plus, je suis moi, je suis vous, n’importe qui vous croisez peut être moi et l’est encore plus certainement. La question de l’importance des choses, ça ma toujours fait rire, car les critères, les patrons, sont faussés à la base. C’est comme la question de la vérité, du bien ou du mal, tout ça c’est vraiment trop surfait, ça n’a aucune importance. L’important est bien au-delà, mais englobe tout cela, en fait cela peut vraiment être proche. Demandez-vous ce qui a de l’importance, pour vous, pour Moi, pour chaque chose dans ce grand bordel d’univers. Alors… rien à dire, j’en étais
sûr, pourquoi auriez-vous autres choses à dire que ma voiture… , la paix… , le seul truc vrai c’est que l’important, c’est l’important, c’est tout ! C’est vraiment idiot de dire cela, je le reconnais en toute bonne foi, mais quand même toutes ces questions, c’est des choses dont on connaît les réponses et dont il devrait être inutile de se poser les questions. Mais malgré tout on continuera et c’est vraiment pas grave… vous avez bien raison.
Ceci étant dit, rencontrer Moi n’a pas vraiment bouleversé ma vision du monde, il a seulement enlevé les œillères transparentes de mes yeux. Pourquoi cela serait-il différent simplement parce que je me suis trouvé, c’est juste comme avant, sauf que maintenant j’en suis conscient… que c’est comme avant. Le chaos, la destruction, le bonheur, la joie… tout ça est bon pour nous. Le manichéisme ne devrait pas exister, nous avons autant besoin de haine que d’amour, sinon plus… de haine, et d’amour. Et oui, le monde tourne à l’envers, … mais non c’est de la connerie ! Ce que Moi m’a appris c’est que le sens n’a pas d’importance. Ce que j’entends par-là c’est que le but du Jeu-vie c’est de prendre les choses comme elles viennent et de les tourner à notre avantage, c’est ce que Moi m’a appris.
En fait, l’important c’est juste d’être Moi, il faut l’écouter, et alors, à partir de là, commencer à vivre. Ah ! C’est quand même marrant la vie, qu’est ce qu’on ferait pas pour en changer, alors que l’on reprendrait probablement la même. Ah ! c’est marrant, qu’est ce qu’on est con…
Et puis après tout, la vie c’est tellement plus que cela, tellement plus que l’on pourrait imaginer. Les choses matérielles ne devraient pas autant accaparer nos esprits lobotomisés par cette boîte de Pandore magique, qui nous livre un feu d’artifice, du plus pur condensé de ce que l’homme peut imaginer. Cette boîte est comme nous, nous la détestons autant que nous l’adorons. Mais pourtant, la vie c’est tellement plus, la vie c’est une tempête à la mer, la sensation du vent qui veut vous emporter, de l’eau salée qui vient vous fouetter le visage, c’est de la violence à son plus bel état, de la fureur de vie. Ras-le-bol, de toujours penser, toujours se remettre en question, c’est ce que Moi me répète sans arrêt : pourquoi ne pas arrêter d’essayer de vivre… et vivre! Ras-le-bol, de se croire meilleur, pourquoi ne pas l’être tout simplement… Mais dans ce cas précis, le truc c’est d’être meilleur que soi. Et c’est pour cela qu’il m’a ouvert l’esprit, sa rencontre a été salutaire à la larve que j’étais. Je veux me laisser aller, je veux être emporté par le vent, je veux que mon esprit s’envole, je veux que la foudre vienne à moi. Je veux tout ça et bien plus encore, car je viens de me rendre compte que je vis. Mais sa durée n’a aucune importance, il faut juste qu’elle soit vécue, encore une autre banalité, mais pourtant on l’oublie bien trop vite. La vie n’attendra pas toute ta vie que tu te rendes compte que tu es… en vie. Même si la démence la plus archaïque doit être ta seule raison de vivre, et bien profites-en. Ceci n’a rien à voir… Ceci n’a rien à voir avec un traité moraliste ou philosophique, c’est juste une constatation de ce que ma rencontre avec Moi a pu m’apporter. Prend l’immensité de l’univers et multiplie le par l’infini, et tu seras encore très loin de ce à quoi je veux en venir, mais malgré ça… je suis sûr que t’as compris. Qu’est ce qu’on est con quand même, et pourtant…
Le ton monte…
-Alors, t’es en colère.
-Ouais! , j’suis en colère.
-Alors, tu te sens vivant ou tu te sens mort…
-Vivant ! …
Quelque chose de commun me vient à l’esprit à ce moment là : De toute façon c’est la même chose, il suffit d’aller voir de l’autre côté du miroir… de l’autre côté de la vie… Voilà le genre d’altercation qui pouvait se produire avec Moi, il m’en voulait de ne pas me sentir vivant, comme je le devrais… Il m’a appris à aller au-delà de ça… A dépasser la nonchalance dans laquelle l’homme tombe si souvent. C’est juste une mauvaise passe, un moment d’égarement… C’est le moment de retrouver toute ma lucidité… Qu’est ce que je ne donnerais pas pour être Moi… Moi sait apprécier le soleil, il sait apprécier la vie, Moi est magnifique, il est intelligent, il est malin, astucieux… Vraiment, qu’est ce que j’aimerais être Moi. Pourtant, Moi essaie de me modeler à sa façon, ses projets m’envahissent, il veut conquérir le monde, il m’entraîne dans ses projets mégalomaniaques. Moi me dit qu’il faut penser à soi, et ne pas toujours penser aux autres, il faut vivre pour soi avant tout. Moi a raison… Il faudrait que je l’écoute un jour ou l’autre. Je suis quelqu’un d’exceptionnel, Moi devient moi, j’arrive à me guider tout seul. C’est seulement maintenant que je découvre que ce que dit Moi, n’est en fait que mes propres paroles, mes propres propos dédoublés pour que je puisse percevoir moi-même tous les beaux conseils que je peux donner aux autres sur la vie, sans jamais pourtant les avoir appliqués à moi-même.
Ce papier ne devait être au départ que deux, voir trois paragraphes, mais il s’étend au-delà de ce que j’aurais pu imaginer… Il s’agit d’un voyage initiatique au fin fond de mon être, pour retrouver les racines qui font ce que je suis, ce que je suis en train de devenir.
Ca sent le soufre ça vient de l’intérieur.
Puis d’un coup, c’est une sensation, vous savez, comme par exemple lorsqu’on est en voiture. On commence à prendre de la vitesse, et on se sent vraiment très bien, c’est alors qu’on a envie de braquer le volant et d’aller se planter dans le fossé, ou bien dans la rambarde de sécurité. Pas pour mourir, pas pour se suicider, mais juste pour se sentir vivant. Vous savez, juste l’envie de savoir que notre destin nous appartient et que nous le contrôlons, juste pour ne pas croire à la fatalité de la condition humaine. Simplement l’envie de ressentir la douleur, la violence dans tout son corps, se sentir en vie quoi ! Voilà ce que ce voyage en moi représente, qu’il traverse les ténèbres ou la clarté céleste, cela n’a aucune importance, car ce voyage c’est le mien, voilà l’important.
C’est comme un matin où l’on se réveille avec une morsure dans le cou, sans savoir ce que l’on a fait la veille. Voilà ce qu’est ce voyage… Puis on entre dans son salon et dés l’instant où l’on voit la bouteille de tequila sur la table basse, tous les souvenirs nous reviennent… Vous vous souvenez de cette fin de soirée, sa peau contre la vôtre. C’est l’été, il fait chaud, la douceur de ses cuisses tout le long de vôtre corps, ses seins pressés sauvagement contre vôtre torse, cet enlacement de deux corps qui s’étreignent sous l’effet de l’alcool qui coule dans vos veines. L’alcool est là dans votre sang, il pervertit vos sens, mais pourtant vous êtes bien, si bien, vous avez chaud, la tête vous tourne, mais vous êtes heureux. Son corps sur le vôtre. Ses longs cheveux noirs, qui vous balayent le visage, tandis que des gouttes de sueur perlent le long de son cou et descendent langoureusement le long de sa chair, contournant sa poitrine, slalomant avec son nombril, pour enfin s’échouer entre ses cuisses où sa soyeuse toison caresse vôtre bas ventre. Son corps ondule sur le votre, elle se démène pour vous faire connaître le plaisir. A cet instant vous sentez que vous pourriez mourir, mais que vous mourriez en étant heureux, en vous sentant vivant. Voilà ce que cette morsure représente, elle est comme mon voyage, pour me rappeler pourquoi je suis en vie… Pour me rappeler qui je suis réellement… Voilà l’ampleur que tout ça peut prendre. Une simple rencontre avec Moi vous ramène à la réalité, Moi est cette morsure qu’une salope vous a faite la veille, Moi est cette envie d’autodestruction qui sommeille en vous, qui trotte dans votre tête à tout moment, même en voiture. Moi est la pire chose qui peut vous arriver, pourtant dès que vous le rencontrez, vous en tombez amoureux.
Ce voyage n’est pas une simple escapade… Il va bien au-delà… Au-delà de ma pensée… Au-delà de mon imagination… Et d’ailleurs pourquoi cela en serait-il autrement ? Moi est tout ce qu’il y a de beau dans la violence… Je me demande comment j’ai fait pour endurer la vie sans lui, ou plutôt il est arrivé parce que je ne pouvais plus l’endurer… la vie. Il est un paradoxe… Il est tout ce qu’il y a de plus contradictoire… Néanmoins, il a raison… On devrait toujours s’écouter, il se peut même que l’on ait de bonnes idées parfois. Ma vie n’est que le pamphlet de mon existence, je m’en rends compte à présent, mais pourtant je me sens tellement bien, … tellement vivant…
Tirer un trait sur cette folie. Car en fait je l’ai moi-même créé en me renferment sur Moi. Evacuer sa rage par d’autres moyens. Se canaliser par l’art, peut-être ?… Mais y en a ras-le-bol du pathétique. La littérature comme exutoire, ok ! Mais le monde réel comme la vie ! J’en ai assez de me sentir mal. Arrêter avec cette connerie d’artiste maudit.
C’est alors que je réalise que Moi est en fait une tumeur cancéreuse, qui se développe dans mon cerveau, dans la partie du lobe occipital… Je m’explique, Moi est cette tumeur, car c’est elle qui l’a fait apparaître, elle agit sur cette partie du cerveau qui gère les messages nerveux… Ce qui fait que la tumeur me fait apparaître des visions… C’est un cas vraiment très rare, ce qui me fait me sentir d’autant plus exceptionnel. Même dans la maladie je ne suis pas à ma place… Même dans la mort je ne trouve pas ma place… Sur la fin de mon voyage dans la démence, Moi me récite de la poésie, je ne sais pourquoi, car j’en ai horreur. Pourtant, il me cite des vers de Ginsberg, de Baudelaire, de Mallarmé…, et même des vers de Verlaine. Sans doute pense-t-il que la poésie, tout comme la musique adoucit les mœurs, adoucit la souffrance… Et c’est dans ces conditions que nous nous sommes séparés… Mais bon, tout le reste n’est que littérature…


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